Il énumère quatre éléments qu’il juge incompatibles entre eux: « Nous ne pouvons pas garder en France à la fois l’âge de départ effectif le plus bas d’Europe, le taux de remplacement le plus élevé, l’abattement fiscal de 10% et l’indexation totale des pensions sur l’inflation, y compris pour les retraités les plus favorisés ».
Il n’est pas le seul à défendre cette idée: plusieurs figures politiques et économiques plaident elles aussi pour une contribution des retraités à l’effort de redressement.
Dans les textes fiscaux, l’abattement de 10 % apparaît à propos des pensions. Pour un retrait sur un PERIN, par exemple, la partie correspondant aux versements déduits est imposée au barème dans la catégorie des pensions sans abattement de 10 %.
Dépenses publiques à 9 points de PIB au-dessus de la zone euro
Pour réduire le déficit et contrôler la dette, l’ancien gouverneur juge nécessaire de réduire les dépenses publiques. Il rappelle qu’elles dépassent de 9 points de produit intérieur brut la moyenne de la zone euro.
Il met en avant le coût de l’endettement: avec un taux d’intérêt à 5 % sur 10 ans, le remboursement de la dette représente un poste de dépense conséquent. Il affirme que l’augmentation de la dette entraîne une dégradation de la qualité de la vie.
Son raisonnement vise explicitement les arbitrages entre générations: « La laisser filer, c’est donc faire des choix contre la jeunesse, des choix gérontocratiques. Et ce qui est grave est qu’ils sont implicites. » Il relie ces choix à « l’anxiété des lycéens », un sujet proche de son action à la tête d’Apprentis d’Auteuil.
L’épargne-retraite privée, piste citée avec l’exemple de la Suède et des Pays-Bas
Parmi les solutions qu’il évoque, François Villeroy de Galhau propose de compléter le système de répartition par l’épargne-retraite privée. Selon lui, « un tel complément serait avantageux pour les retraités, pour les finances publiques et pour le financement de l’innovation ».
Il s’appuie sur l’exemple de l’Europe du Nord. Ces économies produisent selon lui des champions de l’innovation parce que, grâce à leurs fonds de pension, leurs entreprises sont mieux capitalisées.

