Adieu les flammes : de plus en plus de gens vont opter pour l’aquamation, qui dissout le corps du défunt dans une eau à 150°
Posted 9 mars 2026 by: Admin
Alors que les pratiques funéraires évoluent au fil des décennies, une nouvelle méthode attire l’attention dans plusieurs pays : l’aquamation.

Présentée comme une alternative plus écologique à l’inhumation et à la crémation, cette technique commence à se développer dans certaines régions du monde et vient récemment d’être autorisée dans un pays européen.
Les traditions liées aux obsèques connaissent depuis plusieurs années des transformations importantes. En France, l’inhumation reste encore la pratique la plus répandue, mais la crémation a connu une progression spectaculaire au cours des dernières décennies.
Selon une enquête menée en 2024 par l’OGF, spécialiste des services funéraires, en partenariat avec Ipsos, la crémation représente désormais environ 46 % des obsèques en France, soit près d’une cérémonie sur deux. Cette évolution illustre un changement profond dans les choix des familles.
Le contraste avec les années 1980 est particulièrement frappant : à cette époque, la crémation ne concernait qu’environ 1 % des obsèques. Cette progression témoigne de l’évolution des mentalités et de la recherche de nouvelles pratiques.
L’aquamation, une technique encore peu connue

Parmi les alternatives émergentes figure l’aquamation, parfois appelée « crémation par l’eau » ou « crémation verte ». Cette méthode repose sur un procédé de décomposition accélérée utilisant de l’eau et une solution alcaline, plutôt que la combustion.
Dans ce processus, le corps du défunt est d’abord enveloppé dans un linceul biodégradable, souvent fabriqué en fibres naturelles comme la soie ou la laine. Il est ensuite placé dans une cuve hermétique sous pression contenant un mélange composé d’environ 95 % d’eau et 5 % d’hydroxyde de potassium.
Le liquide est chauffé à environ 150 degrés, ce qui accélère un phénomène similaire à la décomposition naturelle. À la fin du processus, il ne reste que les os du défunt, qui sont ensuite nettoyés, séchés puis réduits en poudre à l’aide d’un appareil appelé crémulateur.
Une méthode présentée comme plus écologique
L’un des arguments avancés par les défenseurs de l’aquamation concerne son impact environnemental. La crémation traditionnelle nécessite une forte consommation d’énergie et entraîne des émissions importantes de gaz à effet de serre.
Selon certaines estimations citées par le média Slate, une seule crémation pourrait générer en moyenne environ 320 kilogrammes de dioxyde de carbone. L’aquamation, de son côté, produirait beaucoup moins d’émissions.
Les partisans de cette méthode estiment qu’elle pourrait émettre jusqu’à sept fois moins de CO₂ que la crémation classique, ce qui explique l’intérêt croissant pour cette technique dans un contexte de préoccupations environnementales.
L’Écosse autorise la pratique

Si cette méthode reste interdite dans certains pays, elle vient d’être autorisée en Écosse. La ministre écossaise de la Santé publique, Jenni Minto, a présenté l’aquamation comme une alternative funéraire plus respectueuse de l’environnement.
Les premières installations pourraient voir le jour dans le pays à partir de l’été 2026. Toutefois, la mise en place de ce procédé nécessite des infrastructures spécifiques.
Avant que les premières cérémonies puissent être organisées, des installations spécialisées doivent être construites et obtenir les autorisations nécessaires, notamment pour le traitement des effluents issus du processus. L’entreprise Kindly Earth collabore déjà avec des partenaires locaux afin de développer ces équipements.
Une pratique déjà présente dans plusieurs régions du monde
L’Écosse ne sera pas la première région à utiliser cette méthode. L’aquamation est déjà pratiquée dans plusieurs États américains ainsi qu’en Irlande. Elle a également attiré l’attention du public lorsque l’archevêque sud-africain Desmond Tutu a choisi ce procédé pour ses funérailles en 2021.







