Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux a suscité une vive émotion en dénonçant l’existence supposée d’un trafic d’enfants via la plateforme Vinted. Si les images ont rapidement été relayées par de nombreux internautes, les autorités ont été saisies afin de vérifier les faits. À ce stade, aucune preuve ne permet toutefois d’établir l’existence d’un tel réseau.
Une influenceuse dénonce des annonces qu’elle juge inquiétantes

Le 15 juin 2026, Djena, une influenceuse suivie par plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur TikTok et Instagram, a publié une vidéo affirmant avoir repéré des annonces suspectes sur Vinted.
Elle estime que certaines publications pourraient dissimuler un trafic d’enfants, en s’appuyant notamment sur plusieurs annonces présentant des prix très élevés accompagnés de mentions telles qu’un âge ou une taille.
Parmi les exemples qu’elle met en avant figurent une figurine proposée à 30 000 euros avec la mention « 7 ans » et « 1,22 mètre », ou encore une rose artificielle affichée à 20 000 euros, accompagnée des indications « jusqu’à 1 mois » et « 50 centimètres ».
Selon l’influenceuse, ces éléments ne correspondraient pas à de simples erreurs de publication et mériteraient d’être signalés.
Les vendeurs et Vinted contestent ces interprétations

Interrogés par 20 Minutes, plusieurs vendeurs concernés ont réfuté ces accusations.
Ils expliquent que les informations relatives à l’âge et à la taille correspondent soit aux caractéristiques du produit, soit à la tranche d’âge recommandée pour son utilisation. Certains indiquent également avoir corrigé des erreurs de prix après la mise en ligne de leurs annonces.
De son côté, Vinted précise que le champ « âge » est utilisé dans différentes catégories de produits, notamment les jouets, afin d’indiquer le public auquel ils sont destinés. La plateforme ajoute que les montants particulièrement élevés peuvent correspondre à des objets de collection, à des prix volontairement dissuasifs ou à des stratégies de négociation employées par certains vendeurs.
Les autorités saisies pour vérifier les faits

Face à l’ampleur prise par cette affaire sur les réseaux sociaux, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a annoncé avoir saisi la plateforme Pharos ainsi que l’Arcom afin que des vérifications soient menées sur les annonces signalées.
Elle a expliqué que toute suspicion concernant d’éventuels trafics impliquant des mineurs devait faire l’objet d’un examen rapide par les autorités compétentes.
Cette démarche vise à déterminer si les annonces dénoncées relèvent d’une utilisation détournée de la plateforme ou d’explications parfaitement légitimes.
Aucune preuve d’un trafic à ce stade

Selon les informations rapportées par 20 Minutes, l’Office mineurs (Ofmin) de la police judiciaire a également été chargé d’examiner le dossier.
À ce stade des investigations, aucun élément ne permet toutefois d’affirmer qu’un trafic d’enfants serait organisé via Vinted. Les vérifications se poursuivent afin d’établir précisément la nature des annonces signalées et d’écarter, le cas échéant, toute utilisation frauduleuse de la plateforme.
Les autorités rappellent ainsi que les investigations sont toujours en cours et qu’aucune conclusion ne peut être tirée avant leur aboutissement.


