Dans d’autres échanges, il aurait visé Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie de François Hollande, affirmant que celui-ci voudrait « sauver les entreprises » pour « venger Moïse ». Il aurait également écrit que « les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».
Le jeune militant aurait par ailleurs affiché son soutien à Dieudonné, l’humoriste déjà condamné à l’époque pour provocation à la haine, estimant que ce dernier « mène un vrai combat d’idée ». Un autre volet de l’enquête décrit une « fascination » pour Alain Soral, idéologue antisémite condamné pour diffamation raciale et incitation à la haine, dont Bardella aurait jugé que « ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits ».
Bardella dément et contredit sa propre chronologie
Sollicité par Mediapart avant publication, Jordan Bardella a d’abord nié en faisant valoir qu’il « n’était pas militant actif au sein du Front national durant l’été 2013 » et qu’il était encore mineur, estimant que ces éléments devaient « alerter sur le caractère mensonger de ces sources ».
Cette version se heurte pourtant à ce que Bardella lui-même raconte dans son autobiographie: il a pris sa carte au Front national en 2012, au lendemain d’un débat télévisé entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. À 18 ans, il est devenu responsable de la fédération 93 du FN, avant une ascension rapide jusqu’à la présidence du parti, rebaptisé Rassemblement national.
Après la publication de l’enquête, il a réagi sur X en contestant « formellement » des propos qu’il qualifie de « délirants et antisémites » et en annonçant que son avocat engagerait « les procédures nécessaires ».
Plainte en diffamation et accusation de « barbouzerie »
Sur le plateau de CNews après la parution de l’article, Bardella a annoncé avoir « missionné [son] avocat qui a déposé une plainte en diffamation ». Il a affirmé que « tout sera fait […] pour déstabiliser la campagne » présidentielle du RN et l’« abattre politiquement ».
Concernant les documents produits par Mediapart, il a déclaré qu’« il s’agit nécessairement de faux grossiers et d’une véritable opération de barbouzerie », ajoutant: « Soit Mediapart est à la tête de cette opération, soit Mediapart se fait lui-même manipuler par des gens qui y ont intérêt. »
Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, a abondé dans ce sens depuis le salon des professionnels de la construction à Paris: « Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret. »
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