L’actualité s’est ensuite accélérée. En une petite semaine se sont succédé une première mobilisation sociale, la reprise du feuilleton budgétaire et des écrits de jeunesse violemment antisémites prêtés à Jordan Bardella.
S’y ajoutent le mouvement lycéen, aux marges duquel des pulsions violentes se libèrent, et LFI, accusé de jouer le rôle de pompier pyromane. La copie budgétaire 2026, elle, n’a d’autre ambition que d’assurer la jonction jusqu’à la présidentielle.
Un mea-culpa sur les 80 km/h et un « programme massif » encore secret
Parmi les prises de position marquantes récentes du maire du Havre, on relève un mea-culpa sur l’abaissement de la vitesse à 80 km/h, l’une des étincelles du mouvement des gilets jaunes. Pour le reste, Édouard Philippe multiplie les visites de terrain, où il dit peu et renvoie à un « programme massif » qu’il n’a toujours pas détaillé.
Ses concurrents directs, Gabriel Attal (Renaissance) et Bruno Retailleau (Les Républicains), pronostiquent un effondrement dès qu’il dévoilera un programme de « sang et de larmes ». L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron passe ainsi pour celui qui dira aux Français ce qu’ils ne veulent pas entendre, sans l’avoir encore formulé.
Son directeur de campagne, Christophe Béchu, assume cette ligne: « Face aux promesses de tous ordres, il y a un discours plus difficile, plus exigeant à tenir. Cela s’appelle le courage politique. Et cela passe par des mesures impopulaires ».
Retraite à 65 ans: une vidéo de vingt minutes le jour de la mobilisation
Le jour de la mobilisation de la fonction publique, Édouard Philippe a publié une vidéo YouTube de vingt minutes. Il y explique pourquoi il souhaite porter progressivement la durée de cotisation à 45 annuités et l’âge de départ à 65 ans, au lieu de 62 ans et neuf mois aujourd’hui.
La proposition est allégée par rapport aux 67 ans qu’il défendait il y a quelques années. Le sujet reste un terrain miné: Alain Juppé, son mentor, s’y était heurté en 1995.
À l’ouverture du débat budgétaire à l’Assemblée, il a aussi dit craindre « l’étranglement » que pourrait créer la dette publique sur l’économie française, et le risque d’un « choc extérieur » qui viendrait « déstabiliser le système » et « créer une crise financière ».
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