L’histoire a de quoi surprendre. Depuis plus de quinze ans, un salarié britannique est absent de son entreprise pour des raisons de santé, tout en continuant à percevoir une large partie de sa rémunération.

Pourtant, malgré cette situation particulièrement avantageuse, il a récemment décidé de saisir la justice, estimant que ses revenus n’avaient pas suffisamment évolué au fil du temps. Au Royaume-Uni, Ian Clifford bénéficie depuis de nombreuses années d’un programme de protection financière mis en place par son employeur, la société IBM, à la suite de problèmes de santé l’empêchant d’exercer son activité professionnelle.
Grâce à ce dispositif, l’homme continue de percevoir environ 75 % de son salaire alors qu’il n’occupe plus son poste depuis plusieurs années. Selon les informations relayées par la presse britannique, cette rémunération représente près de 54.000 livres sterling par an, soit plus de 61.000 euros annuels.
Cette garantie lui permet de conserver une stabilité financière importante malgré son incapacité à reprendre une activité professionnelle normale.
Une contestation liée à l’évolution de ses revenus

Si cette situation pourrait apparaître particulièrement favorable, Ian Clifford estime néanmoins que le montant qu’il perçoit ne reflète plus l’évolution du coût de la vie.
Selon lui, l’absence de revalorisation de sa rémunération au fil des années a entraîné une perte progressive de pouvoir d’achat. Il considère ainsi que les conditions appliquées par son employeur ne prennent pas suffisamment en compte l’impact de l’inflation sur ses ressources.
C’est dans ce contexte qu’il a décidé d’engager une procédure devant le tribunal du travail de Reading en 2022, invoquant notamment une situation qu’il juge défavorable au regard de son état de santé.
La justice rejette sa demande

Après examen du dossier, la juridiction britannique n’a pas donné suite aux arguments avancés par le salarié. Le juge a considéré que le dispositif dont bénéficiait Ian Clifford constituait déjà un avantage particulièrement important.
Dans sa décision, la justice a souligné que l’intéressé continuait de percevoir une part très significative de son salaire sans être tenu d’exercer une activité professionnelle. Cette situation a été qualifiée de traitement particulièrement favorable comparativement aux dispositifs généralement proposés dans ce type de circonstances.
Le tribunal a donc rejeté la demande de revalorisation présentée par le quinquagénaire.
Malgré l’échec de sa procédure judiciaire, Ian Clifford continuera à bénéficier du programme de soutien mis en place par IBM jusqu’à son départ à la retraite, prévu à l’âge de 65 ans.
Selon les estimations évoquées dans le dossier, le montant total perçu au cours de cette période pourrait atteindre environ 1,72 million d’euros. Une somme considérable qui résulte du maintien de ses revenus sur plusieurs décennies.


