Longtemps taboue, l’éjaculation prématurée reste pourtant l’un des troubles sexuels masculins les plus fréquents.

À Lorient, dans le Morbihan, un spécialiste participe actuellement à un essai clinique national destiné à tester un nouveau traitement, alors que de nombreux patients hésitent encore à consulter malgré l’impact important sur leur vie intime.
L’éjaculation prématurée touche bien davantage d’hommes qu’on ne l’imagine. Selon les spécialistes, près d’un homme sur cinq serait concerné par ce trouble sexuel, qui peut avoir des conséquences importantes sur la confiance en soi, la vie de couple et le bien-être psychologique.
Pourtant, le sujet reste encore difficile à aborder publiquement. Dans l’éducation sexuelle, les discussions portent principalement sur la contraception, les infections sexuellement transmissibles, le consentement ou encore la prévention des violences. La question du plaisir sexuel et des difficultés intimes demeure souvent peu abordée, laissant de nombreux patients sans véritable information ni accompagnement.
Le docteur Jean-Pierre Graziana, urologue-andrologue et sexologue à la clinique mutualiste de la porte de l’Orient à Lorient, constate régulièrement cette gêne chez les hommes concernés. Beaucoup tardent à consulter par honte ou par peur d’être jugés.

Un essai clinique lancé dans plusieurs centres français
L’établissement morbihannais fait aujourd’hui partie des seize centres français retenus pour participer à un essai clinique consacré à un nouveau traitement de l’éjaculation prématurée primaire. La clinique de Lorient est le seul établissement du Grand Ouest sélectionné avec le CHU de Rennes pour prendre part à cette étude nationale.
L’objectif est d’évaluer l’efficacité d’une nouvelle approche thérapeutique destinée aux patients souffrant de ce trouble de manière persistante. Les chercheurs espèrent ainsi proposer des solutions mieux adaptées aux hommes concernés, alors que les traitements disponibles restent parfois jugés insuffisants ou contraignants.
Pour les médecins impliqués dans l’étude, ce travail pourrait permettre de mieux comprendre ce trouble et d’améliorer la prise en charge médicale des patients.
De nombreux hommes n’osent toujours pas consulter

Malgré la fréquence élevée de l’éjaculation prématurée, les spécialistes observent que beaucoup d’hommes continuent de vivre cette situation dans le silence. Certains considèrent encore ce problème comme une fatalité ou pensent qu’aucune solution efficace n’existe.


