Est-ce que 16 millions d’Américains croient vraiment que le lait chocolaté vient des vaches marrons ?

Posted 14 juillet 2025 by: Admin #Actualité

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Une plaisanterie virale sur l’ignorance des Américains ? Peut-être pas si simple. Derrière l’histoire cocasse selon laquelle 7 % des adultes américains croiraient que le lait chocolaté provient de vaches marrons, se cache en réalité une enquête floue, des données opaques, et une couverture médiatique biaisée.

Tout part d’un sondage réalisé en 2017 auprès de 1 000 adultes américains, commandé par le Centre d’innovation des produits laitiers. Rapidement relayée par Food & Wine, puis amplifiée par The Washington Post, l’estimation selon laquelle 16 millions d’Américains croiraient que le lait chocolaté vient de vaches marrons fait le tour du globe. Le chiffre frappe, amuse, scandalise. Les médias du monde entier s’en emparent, souvent sur un ton moqueur, pointant du doigt une supposée inculture alimentaire généralisée outre-Atlantique.

En France, une erreur de traduction ajoute au comique : certains titres confondent chocolate milk (lait chocolaté) avec milk chocolate (chocolat au lait), suggérant à tort que des millions d’Américains pensent que le chocolat au lait sort directement de vaches brunes.

Mais sur quoi repose vraiment cette affirmation ?

La Columbia Journalism Review (CJR), revue américaine spécialisée dans l’analyse critique du journalisme, a décidé de creuser au-delà des gros titres. Très vite, elle s’étonne de l’absence de détails méthodologiques. Quelle était la question exacte posée aux sondés ? Quels choix de réponses leur étaient proposés ? Rien ne filtre.

Selon les éléments disponibles, les participants pouvaient cocher plusieurs options parmi “vaches marrons”, “vaches noires-et-blanches” ou “je ne sais pas”, selon les propos de Jean Ragalie-Carr, présidente du National Dairy Council, interrogée par NPR. La CJR en conclut que le chiffre de 7 % est difficilement interprétable. Il ne reflète peut-être pas une croyance ferme, mais une réponse choisie dans une liste floue et sans contexte.

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Une démonstration de manipulation médiatique ?

Ce que souligne surtout la Columbia Journalism Review, c’est le manque de rigueur journalistique dans le relais de l’information. Aucun des grands médias n’a vérifié la méthode, ni demandé à consulter les résultats complets de l’étude. Pire : la porte-parole du sondage a refusé de divulguer les questions, expliquant que l’étude n’était pas destinée à être rendue publique dans son intégralité.

Dès lors, ce fameux “7 %” apparaît moins comme un reflet de la réalité américaine que comme une opération de communication orchestrée par l’industrie laitière. En faisant parler du lait (et donc des produits laitiers) dans les médias grand public, même de manière humoristique, l’objectif était peut-être moins de mesurer l’ignorance que de susciter la conversation autour d’un aliment en perte de vitesse auprès des jeunes générations.

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