Jack Lang : pourquoi son frère Claude a été condamné pour meurtre ?
Posted 21 février 2026 by: Admin
En juin 1981, à peine installé au ministère de la Culture, Jack Lang voit son entrée en fonction assombrie par un drame familial.

Son frère Claude se retrouve au cœur d’une affaire criminelle qui va durablement marquer l’opinion et placer le nouveau ministre dans une position délicate, en pleine alternance politique.
Quelques semaines seulement après la nomination de Jack Lang au sein du gouvernement de Pierre Mauroy, un drame survient à Nancy. Dans un bar de la ville, Claude Lang, en état d’ébriété avancé, provoque plusieurs clients. L’ambiance dégénère rapidement.
Un homme de 33 ans, Alain Keller, tente d’apaiser la situation. Mais l’incident ne s’arrête pas là. Claude Lang quitte l’établissement, puis revient quelques minutes plus tard. Il poignarde mortellement Alain Keller.
Interpellé peu après les faits, il présente un taux d’alcoolémie de 2,60 grammes par litre de sang. Il affirme avoir agi en légitime défense, une version qui sera examinée lors du procès.
Une condamnation lourde mais assortie de circonstances atténuantes

En 1983, la cour d’assises condamne Claude Lang à 12 ans de réclusion criminelle. Les jurés retiennent toutefois des circonstances atténuantes. Les expertises psychiatriques décrivent un homme fragilisé, marqué par son passé militaire.
Selon plusieurs comptes rendus de l’époque, il serait revenu profondément affecté de la guerre d’Algérie en 1961. Les experts évoquent des troubles psychiques importants et des « troubles graves de la personnalité ». Certains rapports mentionnent également un sentiment de rivalité permanent envers ses frères et sœurs, tous engagés dans des trajectoires professionnelles réussies.
Avant son incarcération, Claude Lang bénéficiait déjà d’une pension militaire d’invalidité de 45 % et n’exerçait plus d’activité professionnelle.
La grâce présidentielle qui relance la polémique

En 1985, le président François Mitterrand accorde à Claude Lang une grâce présidentielle partielle. Sa peine est ramenée de 12 à 10 ans, ce qui ouvre la voie à une libération anticipée en 1986.
Cette décision provoque de vives réactions. Dans un contexte politique encore marqué par les tensions de l’alternance, certains y voient un traitement de faveur lié à la position ministérielle de Jack Lang.
La polémique enfle dans la presse. Un journaliste de Libération résume alors, non sans ironie, le sentiment d’une partie de l’opinion : « Moralité : quand on est condamné (même injustement), mieux vaut être le frère d’un ministre que le frère de personne. »
Une affaire emblématique des tensions entre justice et pouvoir
Plus de quarante ans après les faits, cette affaire reste l’un des épisodes les plus sensibles de la vie publique de Jack Lang. Si le ministre n’a jamais été impliqué juridiquement, le retentissement médiatique a durablement associé son nom à ce drame familial.







