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5 août 2026
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La sexualité en EHPAD, un tabou ?

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La sexualité des personnes âgées reste un sujet rarement évoqué, notamment dans les structures d’accueil pour seniors. Dans l’imaginaire collectif, le vieillissement est encore trop souvent associé à la disparition du désir ou de l’intimité, une perception qui ne correspond pourtant pas à la réalité vécue par de nombreux résidents. Même à un âge avancé, les besoins affectifs et relationnels continuent d’exister. Dans les EHPAD, ces manifestations peuvent prendre différentes formes : une relation amoureuse, des gestes de tendresse ou simplement le besoin de partager des moments d’intimité. Pourtant, ces expressions restent fréquemment invisibilisées, tant par les institutions que par la société.

Quand l’amour devient un indicateur du bien-être

Pour certains professionnels, la présence de relations sentimentales au sein d’un établissement peut même être interprétée comme un signe positif. Lorsque des résidents nouent des liens affectifs ou amoureux, cela peut traduire un sentiment de sécurité et de bien-être dans leur environnement, estiment certains spécialistes du vieillissement. Le sociologue Serge Guérin souligne que l’âge moyen d’entrée en EHPAD se situe aujourd’hui autour de 86 ans et que de nombreux résidents présentent des troubles cognitifs. Dans ce contexte, le fait que des personnes puissent encore exprimer des émotions, de l’affection ou un désir d’intimité peut témoigner d’une qualité de vie préservée. Des histoires d’amour se forment parfois entre résidents, et certaines institutions vont même jusqu’à célébrer symboliquement ces unions, illustrant la place que peut encore occuper l’affectif dans ces environnements.

Des obstacles pratiques à l’intimité

Malgré cette réalité, la vie affective et sexuelle en EHPAD se heurte à plusieurs difficultés concrètes. L’organisation matérielle des établissements laisse souvent peu de place à l’intimité, notamment en raison de la présence fréquente de chambres partagées. Dans certains cas, l’absence d’espaces privés limite les possibilités de rencontres ou de moments à deux. Par ailleurs, les règles de fonctionnement et la surveillance nécessaire au suivi médical peuvent restreindre les déplacements ou les interactions entre résidents. Ces contraintes institutionnelles rendent parfois difficile l’expression naturelle des relations affectives.

Le regard parfois critique de l’entourage

Au-delà des contraintes matérielles, la perception sociale joue également un rôle important. Certains membres du personnel ou des familles peuvent être mal à l’aise face à l’idée que des personnes âgées entretiennent une vie amoureuse ou sexuelle. Les réactions peuvent aller de la gêne à la désapprobation, notamment lorsque l’un des résidents entame une nouvelle relation après le décès ou l’absence d’un partenaire de longue date. Ce regard critique peut conduire à minimiser ou à freiner ces relations, alors même qu’elles peuvent apporter un soutien émotionnel précieux aux personnes concernées.

La question délicate du consentement

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