Les faits qu’elle allègue remontent à 1991. Elle avait alors 16 ans; Patrick Bruel, interprète de Qui a le droit, en avait plus de trente. Le chanteur est pour l’instant toujours présumé innocent.
En prenant la parole publiquement, Flavie Flament a dit vouloir soutenir les autres femmes qui avaient témoigné avant elle. « Je parle pour la jeune fille que j’étais, je parle pour les autres femmes qui sont sorties du silence, courageusement, difficilement, et dont on ose remettre la parole en doute. Je les crois », a-t-elle déclaré à Mediapart.
Le « déclic »: des images du chanteur applaudi à la sortie d’un théâtre
Flavie Flament a expliqué ce qui l’a finalement convaincue d’apparaître sous sa véritable identité. « Le déclic a été le moment où j’ai vu des images de lui, à la sortie du théâtre, applaudi par le public, expliquant — pour incarner le bon père de famille — qu’il devait rejoindre ses enfants. Ça m’a ulcéré et j’ai décidé d’apparaître sous ma véritable identité. Parce qu’il était hors de question que la chape de silence se referme sur la parole des victimes. Je suis sortie de l’anonymat pour qu’on entende toutes ces victimes », a-t-elle revendiqué.

L’animatrice, soutenue par l’actrice Judith Godrèche, dit avoir voulu s’attaquer à la rhétorique du « bon père de famille », figure régulièrement invoquée pour défendre des hommes mis en cause et que Flavie Flament juge hypocrite.
L’enquête Mediapart à l’origine de l’affaire
Avant que Flavie Flament ne révèle son identité, Mediapart avait publié une enquête recueillant plusieurs témoignages anonymes de femmes mettant en cause Patrick Bruel. C’est la découverte de ces témoignages qui a, selon l’animatrice, motivé sa décision de sortir de l’anonymat et de déposer plainte. Judith Godrèche figure parmi celles qui lui ont apporté leur soutien public.
Ce que Flavie Flament décrit: un ‘black-out’ en 1991, puis une rencontre en 2006
Selon le témoignage livré à Mediapart, les faits allégués se déroulent au début des années 1990, en pleine « bruelmania ». Flavie Flament affirme s’être rendue en 1991 dans l’appartement parisien de Patrick Bruel. Elle décrit un « black-out » survenu après avoir bu un thé.

« J’ouvre les yeux, il est en train de me remettre et de me reboutonner mon pantalon sur son lit », affirme-t-elle.
Des années plus tard, lors d’une rencontre en coulisses d’une émission télévisée en 2006, elle affirme que Patrick Bruel lui aurait rappelé qu’ils avaient « couché ensemble ». Dans sa plainte, Flavie Flament indique que cet échange aurait renforcé sa conviction d’avoir été droguée et violée.
Articles suggérés
Céline Dion condamnée dans un litige à 500 millions de dollars avec son ex-manager
La Commission californienne du travail a rendu une décision défavorable à Céline Dion dans le conflit qui l'opposait à son ancien manager Rob Prinz…

