Le procès de Gregory Lenoci s’est poursuivi ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Namur. Le ministère public a requis une lourde peine, estimant que l’accusé avait préparé son passage à l’acte avec l’intention de tuer son voisin. La défense, de son côté, conteste toute préméditation et plaide l’acquittement en invoquant une perte totale de contrôle.
Le parquet défend la thèse d’une tentative d’assassinat préméditée

À l’audience, la substitute du procureur du Roi a soutenu que Gregory Lenoci avait planifié l’agression de Marc P. plusieurs heures avant les faits, survenus le 24 juillet 2025.
Selon l’accusation, l’homme aurait notamment confié à sa psychologue, avant le passage à l’acte, que son voisin devait venir à son domicile dans l’après-midi et qu’il ne repartirait pas vivant, ajoutant qu’il s’attendait à une lourde peine de prison.
Le parquet considère que ces déclarations, associées au déroulement des faits, démontrent une intention homicide clairement établie.
Une peine de 17 ans de prison requise

Pour le ministère public, les éléments du dossier ne laissent aucun doute sur la qualification retenue. Les images de l’agression, filmées par Gregory Lenoci puis diffusées sur les réseaux sociaux, sont présentées comme particulièrement accablantes.
L’accusation rappelle également qu’au moment d’alerter les secours, le prévenu aurait déclaré que la victime était en train de mourir, un élément qui, selon le parquet, renforce la démonstration de son intention de tuer.
Au regard de la gravité des faits, de la personnalité décrite par les experts et du risque de récidive évoqué durant les débats, le ministère public a requis 17 ans de prison, assortis de 10 années de mise à disposition du tribunal de l’application des peines.
La défense invoque une perte totale de contrôle

Les avocats de Gregory Lenoci contestent cette analyse. Selon eux, leur client n’aurait pas agi à la suite d’un plan préparé, mais dans un contexte émotionnel exceptionnel.
La défense affirme que Gregory Lenoci était persuadé que son beau-fils de six ans avait été victime d’abus sexuels de la part de son voisin. Après avoir appris que celui-ci faisait l’objet d’un sursis probatoire, il aurait perdu tout contrôle de ses actes.
L’un de ses conseils estime que cette situation correspond à une contrainte irrésistible supprimant le libre arbitre, au sens des dispositions du code pénal belge. Sur cette base, il a demandé au tribunal de prononcer l’acquittement de son client.
La préméditation au cœur des débats

Le second avocat de Gregory Lenoci a également contesté la qualification retenue par le parquet. Selon lui, les expertises psychiatriques décrivent un homme impulsif, incompatible avec l’hypothèse d’un plan longuement préparé.



