Un départ avant cet âge reste possible, mais au prix d’une pension réduite. «Si vous partez avant, vous êtes libre, mais avec une plus petite retraite», a-t-il précisé. Entre 63 et 65 ans, une formule de retraite partielle est prévue, assortie d’une décote de 7% par an.
L’âge légal de départ à taux plein est quant à lui fixé à 65 ans. Retailleau justifie ce choix en affirmant que repousser davantage l’âge créerait «des retraités pauvres».
Répartition et capitalisation: un système à deux piliers pour les jeunes
Le projet de Retailleau repose sur deux piliers complémentaires: le maintien de la répartition classique et l’introduction d’un volet capitalisation. Ce second pilier est explicitement pensé pour les jeunes générations, et non pour les salariés actuels.
L’objectif affiché est d’«articuler liberté et responsabilité» pour sauver le système. Retailleau se dit favorable à l’intéressement, à la participation et à l’actionnariat salarié, des mécanismes qui permettraient, selon lui, aux salariés de bénéficier des fruits de la croissance de leur entreprise.
Un débat qui divise la droite et le centre
À droite et au centre, les propositions sur les retraites divergent sensiblement à l’approche de la présidentielle. Édouard Philippe pencherait pour un départ à 67 ans, Gabriel Attal pour une suppression de l’âge légal, et Bruno Retailleau pour un plancher à 63 ans avec taux plein à 65 ans. Ces trois visions reflètent des philosophies différentes sur l’équilibre entre liberté individuelle et contrainte systémique.
Cotisations en baisse de 5,25% et suppression du forfait social pour financer la réforme
Pour financer sa réforme, Retailleau annonce une baisse des taux de cotisations salariales et patronales de 5,25%. Il assure avoir chiffré le coût de son projet, sans en détailler les hypothèses dans l’interview.
Il propose également de supprimer le forfait social, une taxe qui pèse sur les dispositifs d’épargne salariale. Selon lui, le financement passera aussi par «tout ce que le salarié touchera des fruits de la croissance de son entreprise».
Au total, Retailleau espère réaliser 40 milliards d’euros d’économies sur cinq ans grâce à ses mesures sur les retraites, dans le cadre d’un programme d’économies global de 150 milliards qui inclut des coupes sur l’immigration et la fonction publique.
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