
Or, ce niveau de vie médian a atteint 2 228 euros par mois pour une personne seule. Le seuil de pauvreté en découle mécaniquement: 1 337 euros mensuels. C’est le montant le plus élevé jamais enregistré depuis que l’Insee produit cette série statistique, en 1996.
Cette hausse reflète avant tout la progression générale des revenus dans le pays. Comme l’explique l’institut, « lorsque le niveau de vie médian progresse, le seuil de pauvreté augmente mécaniquement lui aussi ». Mais ce mouvement met aussi en évidence une fracture: une partie de la population ne parvient pas à suivre le rythme de progression observé au sein des classes moyennes et supérieures.
Comment l’Insee mesure la pauvreté
En France, le seuil de pauvreté est dit « relatif »: il correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, et non à un montant fixe couvrant des besoins de base. Cette méthode, retenue par Eurostat pour permettre des comparaisons européennes, signifie que le seuil évolue chaque année en fonction des revenus de l’ensemble de la population. La Banque mondiale utilise, elle, un seuil d’extrême pauvreté absolu fixé à environ 77 euros par mois.
9,8 millions de personnes concernées, le taux le plus haut depuis trente ans
D’après les données de l’Insee, 9,8 millions de personnes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté en France. Ce chiffre correspond à 15,4 % de la population, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis près de trente ans.

Cette progression confirme les difficultés rencontrées par de nombreux ménages face à la hausse des dépenses contraintes. L’institut cite notamment le logement, l’alimentation, l’énergie et les transports comme postes pesant de plus en plus lourd dans les budgets des foyers modestes.
Tous les Français ne sont pas exposés de la même façon. Les chômeurs demeurent la catégorie la plus touchée, avec un taux de pauvreté de 36,1 %. Les familles monoparentales restent elles aussi particulièrement vulnérables: 34 % d’entre elles vivent sous le seuil de 1 337 euros mensuels, selon l’enquête.
Les retraités s’en sortent mieux, à 10,4 % de taux de pauvreté
La situation n’est pas uniforme selon les catégories de population. À rebours de la tendance générale, les retraités voient leur taux de pauvreté reculer. Celui-ci s’établit désormais à 10,4 %, un niveau comparable à celui observé chez les actifs occupés, selon l’Insee.

Cette amélioration relative s’explique notamment par la revalorisation des pensions de retraite intervenue ces derniers mois. Les hausses successives ont permis de soutenir le pouvoir d’achat de cette catégorie, dont les revenus sont plus stables que ceux des ménages dépendant du marché du travail.
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