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23 octobre 2026
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Affaire Jubillar: les ossements de Mailhoc sont bien ceux de Delphine

Technicien de laboratoire médico-légal manipulant des ossements pour analyse ADN
Image d’illustration © #etrehrx

Les experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, à Pontoise, ont extrait l’ADN des ossements et l’ont comparé au profil génétique de Delphine, déjà enregistré lors de l’enquête initiale. La concordance est totale.

Les restes sont très fragmentaires: à peine quelques pour cent du squelette, principalement le bas du corps, dont deux fémurs. Selon un médecin légiste, cette portion ne permettra très probablement pas de déterminer la cause exacte de la mort — ni strangulation, ni étouffement, ni empoisonnement ne laissent de traces visibles sur ces os-là. Mais une certitude est désormais établie: les os exhumés à Mailhoc sont bien ceux de la mère de famille disparue en 2020.

Une disparition en 2020, un procès hors norme

Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, disparaît dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, sans téléphone, sans sac, sans lunettes. Son mari Cédric est mis en examen pour meurtre aggravé dès juin 2021. En octobre 2025, la cour d’assises du Tarn le condamne à 30 ans de réclusion — une décision exceptionnelle rendue sans corps, sur la base d’un faisceau d’indices convergents.

De la lettre du 6 juillet aux fouilles massives dans le Tarn

Tout commence par une lettre. Le 6 juillet 2026, les avocats de Cédric Jubillar rendent publique une missive dans laquelle leur client reconnaît être responsable de la mort de Delphine. Il y évoque un « acte abominable », un « geste atroce » survenu après une énième dispute, et raconte avoir chargé le corps dans une voiture avant de l’enfouir de nuit dans un champ du nord du Tarn.

Gendarmes effectuant des fouilles dans un champ agricole du Tarn à l'aube
Image d’illustration © #etrehrx

Entendu par la justice, il désigne une zone précise au bord de la RD600, entre Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère. Le 16 juillet, une centaine de gendarmes ratissent le secteur, soutenus par une équipe antidrone pour verrouiller le périmètre. Sous un ancien amas de compost et de terreau, sur une exploitation agricole, ils mettent au jour les ossements — probablement déplacés et éparpillés par des travaux agricoles.

La distance avec le domicile familial de Cagnac-les-Mines est d’une dizaine de kilomètres. Cédric Jubillar avait été mis en examen pour meurtre aggravé dès juin 2021, puis condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle, sans corps, sur un faisceau d’indices. Il avait alors fait appel, clamant son innocence. Cinq ans après la disparition, c’est lui qui conduit les enquêteurs jusqu’à la sépulture.

30 ans
La peine de réclusion criminelle prononcée contre Cédric Jubillar en octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn, sans corps, sur un faisceau d’indices.

Pour la famille, la fin du « crime sans corps » et la possibilité d’un lieu de recueillement

Lors de sa décision rendue en octobre 2025, la cour d’assises du Tarn avait relevé que Cédric Jubillar « n’a donné aucune information sur l’endroit où se trouve le corps de son épouse, privant la famille de cette dernière d’un lieu de recueillement ». Cette absence pesait lourd sur les proches — frère, sœur, oncle, tante — qui vivaient depuis cinq ans et demi sans pouvoir faire leur deuil.

Bouquet de fleurs blanches déposé sur un mémorial au bord d'une route rurale
Image d’illustration © #etrehrx

La confirmation du 19 juillet met fin à ce que l’affaire incarnait depuis 2020: un « crime sans corps », rarissime dans les annales judiciaires françaises. Même si les restes sont fragmentaires, une sépulture devient désormais possible pour la famille de Delphine.

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