
Parmi eux, un père italien a agi sans calcul, mû par l’instinct et l’amour des siens. Son témoignage éclaire une nuit d’horreur marquée aussi par des gestes de courage brut. Depuis l’incendie meurtrier survenu au bar La Constellation à Crans-Montana, les récits affluent et tentent de reconstituer minute par minute ce réveillon qui a viré au cauchemar. Des vies de jeunes adultes et d’adolescents ont basculé en quelques instants, laissant derrière elles un traumatisme collectif profond. Dans ce chaos, certains témoins deviennent malgré eux des figures de courage, à l’image de Paolo Campolo.
L’appel qui a tout déclenché
Analyste financier, Paolo Campolo vit à une cinquantaine de mètres du bar. Cette nuit-là, il fête le Nouvel An chez lui, entouré d’amis et de sa compagne, lorsque l’atmosphère change brutalement. Vers 1h20, il aperçoit d’immenses flammes jaillir des fenêtres, avant de recevoir l’appel glaçant de sa fille Paolina : « Papa, c’est un massacre ». Alité plus tard à l’hôpital de Sion, il racontera ces instants au quotidien italien Il Messaggero, sans mesurer sur le moment l’ampleur de ses actes.
Courir vers le feu plutôt que s’en éloigner

Sans réfléchir, Paolo Campolo se précipite vers le bar, un extincteur à la main. Très vite, il comprend son inutilité : le feu a déjà gagné tout l’espace. Une fumée noire et épaisse envahit les lieux, l’oxygène manque. Selon lui, cette absence d’air a largement contribué à la tragédie. Il retrouve néanmoins sa fille à l’extérieur, saine et sauve, tandis qu’elle attend son compagnon, encore coincé à l’intérieur.
Des secondes qui séparent la vie de la mort
Le petit ami de Paolina parvient finalement à s’extraire du brasier, à quelques secondes près, mais il est grièvement brûlé et hospitalisé à Bâle, entre la vie et la mort. Paolina, elle, doit sa survie à un hasard cruel : un passage chez ses parents juste avant de rejoindre le bar. « Une minute de plus ou de moins, et tout aurait été différent », confie son père, encore sous le choc.
Forcer une issue inexistante

Refusant de s’arrêter là, Paolo Campolo décide d’aider ceux qui sont encore prisonniers. À l’arrière de l’établissement, il repère une porte fermée. Derrière une vitre, il distingue des mains, des pieds, des corps au sol. Avec l’aide d’un inconnu, il s’acharne sur la vitrine, utilisant leurs pieds comme leviers. « Il aurait fallu une hache », raconte-t-il, mais la vitre finit par céder, contre toute attente.
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