Dans cette commune rurale confrontée à un manque criant de médecins, Patrick Laine affirme avoir simplement répondu à des sollicitations de patients en difficulté. Selon lui, ces prescriptions n’étaient motivées que par une volonté d’assistance dans un contexte de désert médical. Les autorités ordinales lui reprochent toutefois un possible exercice illégal de la médecine, une accusation qui place désormais ce médecin retraité au cœur d’une procédure sensible.
Quarante ans d’exercice dans un territoire rural
Installé à Saulnot depuis 1983, Patrick Laine a consacré l’essentiel de sa carrière à la médecine de proximité. Durant près de quatre décennies, il a suivi plusieurs générations d’habitants, parfois au sein d’une même famille. Le médecin évoque une relation étroite avec ses patients, nourrie par un exercice très présent sur le terrain, notamment grâce aux visites à domicile.

Selon ses propres estimations, environ un quart de son activité consistait en déplacements chez les patients, une pratique devenue rare dans de nombreux territoires. Il explique que ces visites permettaient de comprendre l’environnement social et familial des malades, renouant avec la tradition du médecin de famille. Cette implication s’accompagnait toutefois d’un rythme de travail particulièrement intense, avec des semaines dépassant régulièrement les soixante-dix heures et des gardes nocturnes fréquentes.
Un départ sans successeur dans un désert médical
Lorsque Patrick Laine prend sa retraite à 71 ans, en 2021, aucun remplaçant n’est trouvé pour reprendre son cabinet. Malgré plusieurs tentatives pour attirer un successeur, la plaque est finalement retirée sans qu’un nouveau généraliste ne s’installe. Cette absence laisse un vide médical important dans un territoire déjà fragilisé par la rareté des professionnels de santé.
Dans les années qui suivent, d’anciens patients continuent à contacter leur médecin de toujours, souvent confrontés à des difficultés pour obtenir un rendez-vous ailleurs. Patrick Laine explique qu’il a alors parfois accepté de les conseiller ou de rédiger certaines prescriptions, estimant agir dans des situations d’urgence ou face à des résultats médicaux préoccupants. Il affirme n’avoir jamais perçu la moindre rémunération pour ces interventions, qu’il décrit comme de simples gestes de solidarité.
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