Chaque jour, des tonnes d’aliments encore consommables finissent à la poubelle.

Face à ce paradoxe, le gouvernement prépare un ajustement discret mais concret : permettre aux salariés de la grande distribution et des commerces de bouche de récupérer une partie des invendus, sans nuire aux dons destinés aux associations.
Malgré la loi Garot de 2016, qui impose aux supermarchés de plus de 400 m² de donner leurs invendus alimentaires aux associations, une part importante de ces produits est encore jetée. Le gouvernement estime que près de 300.000 tonnes d’aliments finissent chaque année à la benne.
Pour tenter d’endiguer ce gaspillage, le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, propose d’ouvrir une nouvelle voie : autoriser les commerces à redistribuer une partie des invendus directement à leurs salariés.

Les associations restent prioritaires
Le principe reste clair : les associations caritatives conservent la priorité sur les dons. Mais dans les faits, toutes ne peuvent pas toujours récupérer l’ensemble des produits disponibles.
Selon le cabinet du ministre, entre 25 % et 65 % seulement des invendus sont aujourd’hui effectivement collectés par les associations, avec de fortes disparités selon les territoires. Les raisons sont multiples : volumes trop faibles pour justifier un déplacement, stocks déjà suffisants pour la journée, ou encore inadéquation entre les produits proposés et les besoins réels.
Les produits concernés sont souvent des denrées encore parfaitement consommables : légumes légèrement abîmés, yaourts proches de la date limite, biscuits dont la date de durabilité minimale (DDM) est dépassée.


