Dans Sur la plage, un homme en noir, publié en 2006 aux éditions Fayard, Marina Vlady a raconté ce moment: « Devant cette fosse dépourvue des doux arômes d’humus des cimetières familiers, j’ai failli basculer dans ses insondables ténèbres. Mes fils, me tenant d’une poigne ferme, m’en ont empêchée. »
Une déprime profonde, puis l’écriture comme survivance
Malgré le soutien de ses fils lors de l’enterrement, Marina Vlady n’avait pas échappé à une profonde déprime. Elle l’avait décrite dans le même ouvrage avec une lucidité sombre: « Un matin, en découvrant son propre regard éperdu dans le miroir, on comprend que la bataille est finie. On est bel et bien vaincu et la glissade commence. »
C’est pourtant dans l’écriture qu’elle avait trouvé une forme de continuité. Ses deux livres publiés chez Fayard — 24 images/seconde en 2005 et Sur la plage, un homme en noir en 2006 — témoignent d’une femme qui a choisi de mettre des mots sur les deuils pour rester, selon ses propres termes, « près » des siens.
Le communiqué de ses proches, transmis à l’AFP le 24 septembre, souligne que Marina Vlady est partie « comme elle l’a choisie »: chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux.
Dans le communiqué annonçant sa mort, Pierre et Vladimir ont choisi de rappeler que leur mère était partie « comme elle l’a choisie » — une formule qui résume, à elle seule, la manière dont Marina Vlady avait toujours abordé sa vie: en en tenant les rênes jusqu’au bout.
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