Un nouveau sous-lignage du variant Omicron, baptisé NB.1.8.1, est placé sous surveillance par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis le 23 mai. Apparu en Chine, il se propage rapidement à travers l’Asie et a déjà été détecté en Europe, dont en France. Si le risque mondial est jugé faible pour l’heure, ses mutations et sa forte transmissibilité inquiètent les scientifiques.
En bref
- —Classé ‘variant sous surveillance’ par l’OMS le 23 mai
- —Hausse de 66 % des consultations Covid à Taïwan en une semaine
- —Quatre cas identifiés en France, premiers détectés en mars
Un variant né en Chine qui gagne rapidement l’Asie
Le variant NB.1.8.1 est un sous-lignage du variant Omicron, réputé pour sa forte contagiosité. Apparu en Chine, il s’est propagé rapidement à travers l’Asie, touchant notamment Hong Kong, où un rebond significatif de l’épidémie a été observé.

À Taïwan, le Centre national des maladies a rapporté une hausse de 66 % des consultations liées au Covid-19 en l’espace d’une seule semaine. Hong Kong a de son côté signalé que ses principaux indicateurs de surveillance atteignaient leur plus haut niveau depuis un an.
Face à cette progression, les autorités hongkongaises ont appelé à renforcer les mesures d’hygiène. Le pourcentage d’échantillons respiratoires testés positifs au SRAS-CoV-2 y a doublé en un mois, passant de 6,21 % à 13,66 %, tandis que la charge virale dans les eaux usées atteignait 710 000 copies par litre.
Des mutations qui pourraient le rendre dominant
Le professeur Yves Buisson, membre de l’Académie nationale de médecine, a souligné que le NB.1.8.1 présente « trois mutations assez importantes » par rapport à son prédécesseur, ce qui pourrait lui permettre de devenir majoritaire à l’avenir.

Le virologue Bruno Lina a confirmé sur BFMTV que les spécificités de ce variant pourraient lui conférer un avantage de croissance : il pénétrerait plus rapidement dans les cellules et se reproduirait plus efficacement que les variants actuellement en circulation.
Les scientifiques s’inquiètent par ailleurs que ces mutations puissent réduire l’efficacité des anticorps et favoriser une forme d’évasion immunitaire. Des recherches supplémentaires restent nécessaires pour confirmer ces hypothèses.
La classification « variant sous surveillance » de l’OMS
Créée en 2020, la catégorie « variant sous surveillance » de l’OMS est réservée aux variants présentant un risque accru pour la santé publique. Elle se situe en dessous des niveaux d’alerte plus élevés que sont les « variants d’intérêt » et les « variants préoccupants ». Cette classification déclenche un suivi renforcé à l’échelle internationale sans constituer en elle-même une alerte maximale.
Des premiers cas détectés en Europe et aux États-Unis
Le variant NB.1.8.1 a fait son apparition en Europe, avec des cas recensés en Allemagne, en Irlande et aux Pays-Bas. En France, le Centre national de référence de Lyon a identifié le variant à quatre reprises, les premiers cas remontant au mois de mars.

Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le variant circule sur le continent depuis le début du mois d’avril. L’ECDC ne l’a pas encore placé sous surveillance officielle, mais suit son évolution de près.
Aux États-Unis, des cas ont été détectés chez des voyageurs internationaux dans plusieurs États, dont la Californie et New York. Des voyageurs en provenance de pays européens, dont la France, ont été testés positifs entre fin avril et mi-mai.
Un risque mondial jugé faible, mais une vigilance de mise
L’OMS a classé NB.1.8.1 comme « variant sous surveillance » le 23 mai, une catégorie créée en 2020 et réservée aux variants présentant un risque accru pour la santé publique. L’organisation précise toutefois que le risque supplémentaire posé par ce variant est jugé faible à l’échelle mondiale.

Les données disponibles ne montrent pas que le NB.1.8.1 entraîne des formes plus graves de la maladie que les autres variants en circulation. L’OMS assure par ailleurs que les vaccins Covid-19 actuels devraient rester efficaces pour prévenir les formes symptomatiques et graves.
La situation reste néanmoins dynamique. Les autorités sanitaires mondiales appellent à la vigilance, notamment en Asie où le variant est déjà devenu dominant, et soulignent que la surveillance continue est indispensable pour évaluer pleinement son impact potentiel.
Le variant NB.1.8.1 illustre la capacité persistante du Covid-19 à évoluer et à surprendre les systèmes de santé. Si le risque global reste jugé faible et que les vaccins demeurent une protection efficace contre les formes graves, la rapidité de sa propagation en Asie et ses mutations préoccupantes justifient une surveillance soutenue. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ce variant parviendra à s’imposer comme dominant en Europe, comme il semble l’avoir fait en Asie.


