
À l’heure où le stress chronique et les nuits écourtées pèsent sur la santé collective, certaines entreprises prennent le contre-pied total : elles rémunèrent des volontaires pour dormir, tester la sieste et observer ses effets sur le corps et l’esprit. Longtemps assimilée à un signe de paresse, la sieste connaît aujourd’hui une réhabilitation spectaculaire. Ce qui passait pour une habitude coupable devient une pratique recommandée, appuyée par des travaux scientifiques solides. Mémoire, vigilance, gestion du stress : les bénéfices d’un court repos en journée sont désormais documentés.
Des chercheurs de la NASA ont même montré qu’une sieste d’environ vingt minutes pouvait améliorer les performances cognitives de plus de 30 %. D’autres études établissent un lien entre la sieste régulière et une réduction du risque cardiovasculaire. Dormir, loin d’être une perte de temps, devient un outil de santé publique.
Dans certains pays, dormir au travail est un atout

Cette valorisation du sommeil n’est pas nouvelle partout. En Chine, le droit à la sieste est inscrit dans la Constitution depuis 1948. Voir des étudiants ou des employés s’assoupir brièvement après le déjeuner n’y choque personne. Au Japon, l’« inemuri » — être présent tout en dormant — est même perçu comme le signe d’un engagement professionnel intense.
En Espagne ou en Italie, la tradition de la sieste reste liée au climat et à une certaine philosophie de vie, surtout dans les régions chaudes. Ce qui relevait de la culture trouve aujourd’hui une justification scientifique, et intéresse désormais le monde de l’entreprise.
Quand dormir devient une mission rémunérée
Certaines sociétés ont décidé de transformer cette tendance en véritable opportunité. En 2021, le site américain EachNight, spécialisé dans le sommeil, a lancé une offre pour le moins insolite : recruter cinq personnes chargées de tester différentes durées de sieste pendant un mois. Objectif : observer les effets du repos sur l’énergie, la concentration et l’humeur.

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