Pour autant, le film évite soigneusement le fond vert. Le réalisateur Baltasar Kormákur a choisi de tourner en conditions réelles dans les Blue Mountains, en Australie. « Je voulais vraiment rendre cela plus réel », confie-t-il au magazine Climbing, précisant que Charlize Theron et Taron Egerton ont été formés à l’escalade pour assurer eux-mêmes un maximum de scènes. Les effets numériques n’interviennent qu’en retouche de plans déjà captés en extérieur.
Un genre bien établi dans le cinéma australien
Apex s’inscrit dans une tradition de thrillers de survie ancrés dans le bush australien. Le film est rapproché d’œuvres comme Wolf Creek ou The Royal Hotel, qui exploitent elles aussi l’isolement extrême et la menace humaine dans des paysages sauvages. Ce filon cinématographique joue sur la fascination et l’angoisse que suscite la nature australienne.
Ben, le chasseur d’Apex: un personnage fictif aux échos criminels bien réels
Le personnage de Ben, routier discret qui se révèle chasseur sadique, est entièrement inventé. Son rituel est précis: il relâche ses proies dans la forêt après une chanson servant de compte à rebours, puis les traque à l’arbalète. Il revendique plus de 20 victimes.
Ce mode opératoire rappelle celui de Robert Hansen, surnommé le Butcher Baker. Ce tueur américain enlevait des femmes, les lâchait dans le bush alaskien et les chassait au fusil et au couteau. Les autorités lui ont attribué au moins 17 meurtres entre 1972 et 1983.
En Australie, Ben évoque également Ivan Milat, le Backpack Killer, condamné pour le meurtre d’au moins sept routards dans la Belanglo State Forest entre 1989 et 1992. Ces parallèles restent toutefois des résonances culturelles, non des sources déclarées par le scénariste.
Taron Egerton: un personnage « intrinsèquement performatif et étrange »
Pour Taron Egerton, qui incarne Ben, le rapprochement avec de vrais tueurs reste lointain. L’acteur décrit son personnage à News en ces termes: « Je pense qu’il a une idée romantique et fétichisée de ce que cela signifie être un Aussie. Il y a quelque chose d’intrinsèquement performatif et étrange dans le personnage. »
Cette lecture place Ben davantage du côté de la construction identitaire fantasmée que du portrait clinique d’un serial killer. Le film joue ainsi sur deux registres: la menace physique très concrète et la psychologie trouble d’un homme qui a transformé la violence en rituel.
Ce que le film capte de réel: l’isolement, la vulnérabilité, la peur
Si l’intrigue est fictive, les sensations qu’elle mobilise, elles, ne le sont pas. L’isolement des canyons profonds, la violence des rapides, la vulnérabilité d’une femme seule face à un homme armé: autant d’éléments qui ancrent le film dans une réalité perceptible.
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