
La voiture démarre, puis bifurque à l’opposé du village. « On a parcouru 300 mètres, puis 400 mètres, et il a dit: ‘Voyons si on peut faire rouler cette voiture à 160’ », raconte-t-elle. Elle dit avoir supplié, imploré, pendant que le conducteur accélérait sur les petites routes de campagne siciliennes.
Douze kilomètres plus loin, le véhicule s’arrête devant un domaine clôturé. Stéphanie tente la poignée: la portière n’est pas verrouillée. Elle bondit dehors et disparaît dans l’obscurité. « Elle s’est ouverte et j’ai couru, couru aussi loin que j’ai pu, avant de trouver un endroit où me cacher », dit-elle.
Un agent de sécurité, une application de traduction et un second piège
En fuyant, Stéphanie parvient à rejoindre une ville. Un agent de sécurité privé en uniforme, avec une voiture de service, accepte de la raccompagner à son hôtel. Après l’épisode précédent, l’uniforme rassure.

Vers 1 h 30, le véhicule s’immobilise dans un endroit très sombre. L’homme lui prend son téléphone, ouvre une application de traduction et lui montre ce qu’il a tapé: « Qu’est-ce que tu vas faire pour moi en échange de t’avoir raccompagnée chez toi? »
Stéphanie décrit un nœud dans l’estomac. Elle tente la poignée: la portière est ouverte. Elle saute hors du véhicule, se faufile entre les rangées de vignes et s’accroupit dans le noir, retenant son souffle jusqu’au départ de la voiture. Elle rentre ensuite à pied, se cachant de chaque phare et de chaque moteur qui approche.
Retour à l’hôtel au matin, projet immobilier abandonné
Au matin, Stéphanie rejoint son hôtel saine et sauve, mais en état de choc selon son propre récit. Elle affirme avoir définitivement renoncé à son projet d’achat immobilier en Italie à la suite de cette nuit.

Son témoignage prend une dimension plus large lorsqu’elle évoque la situation en Australie: « Malheureusement pour moi et beaucoup de mes amies, des choses bien pires nous sont arrivées ici, en Australie. On n’est pas en sécurité ici non plus. » Une façon, pour elle, de replacer cette nuit sicilienne dans un contexte de violence faite aux femmes qui dépasse les frontières.
Un témoignage viral, une vérification impossible
Le récit de Stéphanie a d’abord été publié par news.com.au avant d’être largement relayé en Europe. Les témoignages de voyageurs victimes de violences à l’étranger circulent fréquemment sur les réseaux sociaux, mais leur vérification indépendante se heurte à l’absence de dépôt de plainte ou de procédure judiciaire. En l’espèce, ni les autorités italiennes ni la police sicilienne ne sont citées comme sources dans le matériau disponible.
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