Les forces de l’ordre constatent deux autres traces de coups, sur la hanche et au niveau des côtes. Questionnée patiemment, la petite fille finit par expliquer: « Papa m’a punie avec la ceinture ». Les coups avaient été portés parce que l’enfant, pas encore propre, avait fait pipi dans le salon.
« Tout cela ne peut pas être involontaire », tranche le président
Devant le tribunal, le prévenu reconnaît des « tapes sur les fesses » mais qualifie son geste d’« involontaire », gouverné selon lui par la « colère ». Il attribue la blessure à l’oreille à une chute sur un jouet. « J’ai explosé de colère, je ne sais pas ce qui m’a pris. J’aurais dû la prendre dans mes bras et la rassurer », déclare-t-il à la barre.
Le président du tribunal ne retient pas cette version: « C’est difficile à entendre. Vous vous levez, vous enlevez votre ceinture, puis vous frappez. Tout cela ne peut pas être involontaire. » La procureure ajoute un autre élément: après les coups, l’enfant a été placée dans la baignoire, puis laissée seule vingt minutes dans le noir, les vêtements souillés. « Cela constitue aussi une forme de violence », souligne-t-elle.
Interrogé sur ce moment, le prévenu bredouille: « J’avais honte, je ne pouvais la regarder. »
Récidive et sursis probatoire
Le prévenu avait déjà été condamné en 2025 pour des violences sur la mère de ses enfants, seule mention à son casier judiciaire. Cette condamnation antérieure le plaçait en situation de récidive légale au moment des faits du 12 septembre 2026. Il était en outre soumis à un sursis probatoire dont il ne respectait que partiellement les obligations.
Récidive, alcool le week-end et sursis partiellement respecté
Le dossier du prévenu alourdit considérablement sa situation. Condamné en 2025 pour des violences sur la mère de ses enfants — seule mention à son casier —, il se trouve en situation de récidive légale. Il était par ailleurs sous sursis probatoire et ne respectait que partiellement ses obligations.
À l’audience, il reconnaît consommer de l’alcool le week-end « pour décompresser », précisant qu’il en boit « moins » qu’avant. Une déclaration qui, selon le compte rendu d’audience, n’a pas rassuré les juges.
Son avocate, Me Durand Kasmi, plaide des « faits isolés » et insiste sur la prise de conscience de son client: « Madame dit bien que ce n’est pas quelqu’un de violent. Il reconnaît sa responsabilité et a conscience de la gravité de l’infraction. » La mère, elle, est venue témoigner à la barre: « Ma fille est traumatisée. Elle ne veut plus voir son père, elle a peur. »
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