
En attaquant ses propres parents en justice pour l’avoir fait venir au monde sans son consentement, il propulse sur le devant de la scène un débat philosophique aussi dérangeant que fascinant.
À Bombay, Raphael Samuel a entrepris une démarche que beaucoup jugent inconcevable : poursuivre ses parents pour l’avoir mis au monde. Selon lui, l’absence de consentement à la naissance constitue en soi un tort. Loin d’un simple coup médiatique, il présente sa position comme l’aboutissement d’une réflexion engagée dès l’enfance.
Chef d’entreprise de 27 ans, il affirme ne nourrir ni rancœur ni conflit familial. Son action se veut philosophique et militante, davantage qu’animée par une rupture affective.
“Je n’ai jamais demandé à exister”
Sous le pseudonyme Nihilanand, qu’il utilise sur les réseaux sociaux, Raphael Samuel diffuse vidéos et messages dénonçant l’idée même de procréation. Il soutient que personne ne peut être redevable d’une existence qu’il n’a jamais sollicitée.
Dans ses interventions publiques, il explique que ses parents ont eu un enfant pour leur propre satisfaction, et non à la demande de celui-ci — ce qui, par définition, est impossible. À ses yeux, cela suffit à fonder une incohérence morale : imposer à un être humain l’école, le travail, les contraintes sociales, sans qu’il ait choisi d’entrer dans ce système.
L’antinatalisme comme socle idéologique

La position de Raphael Samuel s’inscrit dans le courant de l’antinatalisme, une philosophie selon laquelle la naissance expose inévitablement à la souffrance et contribue à la pression exercée sur la planète. Ce courant considère que s’abstenir de procréer serait un choix éthique face aux douleurs et aux déséquilibres du monde.
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