Travailler le 1ᵉʳ mai relevait jusqu’ici de l’exception. Inscrit dans l’histoire sociale comme la Fête du Travail, ce jour est, en principe, obligatoirement chômé et payé. Mais dans les faits, certaines professions n’ont jamais réellement cessé leur activité. Restaurants, cinémas, hôpitaux ou transports bénéficient déjà de dérogations, créant une mosaïque de règles parfois difficile à comprendre pour les professionnels comme pour les clients.
Des boulangers face à une règle jugée incohérente

Pour les boulangers, la situation est devenue source d’incompréhension. Julien, patron de deux boutiques employant 34 salariés, a choisi l’an dernier d’ouvrir malgré l’interdiction, estimant simplement faire son métier comme à l’accoutumée. À la clé, un rappel à la loi et la menace d’une amende de 5 000 euros. Plus que la sanction, c’est le flou juridique qui le déstabilise : difficile de savoir s’il sera autorisé ou non à lever le rideau cette année.
Une proposition de loi pour clarifier le cadre
Le texte en préparation vise justement à élargir les possibilités d’ouverture des commerces le 1ᵉʳ mai. L’objectif affiché est d’apporter davantage de cohérence entre les secteurs déjà autorisés à travailler et ceux qui restent contraints. Pour certains salariés, cette incohérence saute aux yeux : aller au cinéma et acheter du pop-corn serait possible, mais pas acheter du pain au coin de la rue.
L’accord écrit des salariés, nouvelle contrainte

La réforme envisagée ne serait toutefois pas sans conditions. Les employeurs devraient obtenir l’accord écrit de chaque salarié pour travailler ce jour-là. Une exigence qui inquiète certains gérants, notamment dans la restauration. Stéphane, patron d’une brasserie, explique qu’il lui faut une équipe complète pour assurer le service. Si plusieurs employés refusent, l’établissement pourrait être contraint de fermer malgré la demande.
Articles suggérés
Retraite à 1 200 €: qui y a vraiment droit parmi les nés entre 1960 et 1964
Un complément de retraite à 1 200 euros circule largement dans les discussions sur la pension des Français nés entre 1960 et 1964. Mais…

