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7 juin 2026

« Cheveux Ozempic » : l’effet secondaire méconnu de ces traitements amaigrissants

Alors que le Wegovy et le Mounjaro viennent d’être remboursés à 65 % par l’Assurance maladie en France, ces traitements amaigrissants sont aussi associés à des effets secondaires peu connus du grand public. Parmi eux, les « cheveux Ozempic » : une chute de cheveux survenant plusieurs mois après le début du traitement, dont les professionnels de santé commencent à mieux documenter les causes.

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En bref

  • Wegovy et Mounjaro remboursés à 65 % en France sous conditions
  • Une chute de cheveux peut apparaître plusieurs mois après le traitement
  • Un avocat envisage une plainte collective contre Novo Nordisk

Un remboursement inédit pour des médicaments très demandés

La ministre de la Santé a annoncé le 28 mai dernier que le Wegovy, commercialisé par le laboratoire Novo Nordisk, et le Mounjaro, produit par Eli Lilly, seront désormais remboursés à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie.

stylo auto-injectable traitement obésité remboursé par l'assurance maladie
Image d’illustration © #etrehrx

Cette prise en charge n’est toutefois pas ouverte à tous. Elle est réservée aux personnes atteintes d’obésité remplissant certaines conditions, et les patients concernés devront s’inscrire dans un parcours de soin encadré.

Ces traitements, qui se présentent sous forme de stylos auto-injectables, permettent une perte de 15 à 25 % du poids corporel grâce à leur effet coupe-faim. Largement popularisés sur les réseaux sociaux par des influenceurs, ils ont parfois été présentés à tort comme de simples solutions pour « maigrir sans effort ».

65 %
Le taux de remboursement du Wegovy et du Mounjaro par l’Assurance maladie, réservé aux personnes obèses sous conditions.

Les « cheveux Ozempic » : un effet secondaire indirect mais réel

Le terme « cheveux Ozempic » désigne la chute de cheveux que peuvent expérimenter certains patients après la prise d’Ozempic, de Wegovy ou de Mounjaro. Ce phénomène est bien connu des professionnels de santé, même s’il reste peu médiatisé.

chute de cheveux liée à une perte de poids rapide sous traitement médicamenteux
Image d’illustration © #etrehrx

Selon le Docteur Marisa Garshick, dermatologue interrogée par le magazine Vogue, il s’agit d’un « effluvium télogène » : « une forme de chute de cheveux qui peut se manifester quelques mois après un changement ou un stress subi par l’organisme ».

La spécialiste précise que les patients sous agoniste du GLP-1 peuvent ne pas remarquer de chute ou d’affinement des cheveux pendant plusieurs mois après le début du traitement. Il ne s’agit donc pas d’un effet direct du médicament, mais d’une « conséquence indirecte d’une perte de poids rapide, de carences nutritionnelles ou d’un stress physique ».

Ozempic, Wegovy, Mounjaro : de quoi parle-t-on ?

L’Ozempic est à l’origine un médicament antidiabétique qui a été détourné de son usage pour la perte de poids. Le Wegovy (même principe actif, le sémaglutide) et le Mounjaro (tirzépatide) sont des analogues du GLP-1, une hormone qui régule l’appétit. Ces traitements sont désormais au cœur d’un débat médical et de santé publique en France et dans le monde.

Un phénomène temporaire, mais qui peut durer plusieurs mois

La bonne nouvelle, selon le Docteur Garshick, est que cet effluvium télogène est considéré comme temporaire. Une fois le poids stabilisé, « la chute de cheveux devrait ralentir et la repousse reprendre, pour revenir à la normale, même sans intervention particulière ».

cheveux perdus dans un lavabo illustrant la chute de cheveux temporaire sous Ozempic
Image d’illustration © #etrehrx

Ce processus de récupération peut cependant prendre entre six et douze mois. La dermatologue souligne que « rassurer le patient quant à une amélioration spontanée est souvent suffisant », sans nécessiter de traitement complémentaire.

Il est par ailleurs rappelé qu’il est tout à fait normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour. C’est au-delà de ce seuil, et dans le contexte d’une prise de ces médicaments, que le phénomène mérite d’être signalé à un professionnel de santé.

Des effets plus graves et une plainte collective en préparation

Au-delà de la chute de cheveux, ces traitements peuvent être associés à des effets secondaires bien plus sévères. En France, un avocat, Maître Pierre Debuisson, a annoncé envisager de lancer une plainte collective contre le laboratoire danois Novo Nordisk, fabricant de l’Ozempic et du Wegovy.

dossier juridique d'un avocat préparant une plainte collective contre un laboratoire pharmaceutique
Image d’illustration © #etrehrx

Les cas documentés par cet avocat vont des « douleurs abdominales, vomissements et gastroparésie » aux formes les plus graves : « insuffisance rénale, pancréatite », et même, selon ses déclarations au Dauphiné Libéré, un AVC ayant entraîné la perte de la vue pour l’une de ses clientes.

Ces signalements rappellent que, malgré leur efficacité reconnue dans la prise en charge de l’obésité et leur récent remboursement par l’Assurance maladie, ces médicaments restent de véritables traitements médicaux dont la prescription et le suivi doivent être assurés par des professionnels de santé qualifiés.

Le remboursement du Wegovy et du Mounjaro marque une étape importante dans la prise en charge médicale de l’obésité en France. Mais il s’accompagne d’une responsabilité accrue : celle d’informer correctement les patients sur les effets secondaires possibles, qu’il s’agisse de la chute de cheveux — temporaire et gérable — ou de complications plus sérieuses. La procédure judiciaire envisagée contre Novo Nordisk pourrait, si elle aboutit, contribuer à mieux encadrer la prescription et la surveillance de ces traitements à l’avenir.

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