Le 1er mai, pendant que la majorité des Français profitent du jour férié, quelques pharmaciens restent mobilisés derrière un rideau métallique pour assurer la continuité des soins. Mais entre vraies urgences médicales et demandes de vernis à ongles en pleine nuit, la réalité des gardes est bien loin de sa mission première. Syndicats et Ordre des pharmaciens tirent la sonnette d’alarme face à une situation qui se dégrade.
En bref
- —Des pharmaciens réveillés la nuit pour du vernis à ongles
- —475 agressions déclarées en pharmacie en 2023
- —88 % des titulaires victimes d’au moins un délit en deux ans
Des nuits de garde entre urgences médicales et caprices étonnants
Le système de la pharmacie de garde fonctionne à volets fermés : le pharmacien dort sur place ou à proximité, se lève à chaque appel et n’ouvre sa porte qu’à la personne annoncée. Dans de nombreux départements, il faut même passer par le commissariat ou la gendarmerie, qui contacte ensuite l’officine concernée.

La mission officielle est pourtant sans ambiguïté : assurer la continuité des soins pour des pathologies aiguës qui ne peuvent pas attendre. Antibiotiques, corticoïdes, traitement pour une crise d’asthme ou une forte fièvre chez un enfant — voilà ce que la garde est censée couvrir.
Mais la réalité des nuits de 1er mai raconte autre chose. Un pharmacien rapporte avoir été tiré du lit à 2 heures du matin pour fournir un simple vernis à ongles transparent, destiné à réparer un collant filé avant une soirée, ou encore une crème hydratante à l’acide hyaluronique oubliée. Des demandes qualifiées de banales par les syndicats, mais qui symbolisent un profond malentendu sur le rôle de ces gardes.
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