C’est l’analyse des eaux usées qui avait, en amont, alerté sur ce regain. L’épidémiologiste Antoine Flahault, de l’université Paris Cité et professeur honoraire de l’université de Genève, avait signalé cette tendance avant que les statistiques hospitalières ne la confirment.
Très loin du pic d’octobre 2025 à 494 passages sur 100 000
Pour mesurer l’ampleur réelle de ce regain, le point de comparaison est parlant: en octobre 2025, le nombre de passages aux urgences pour suspicion de Covid atteignait 494,2 pour 100 000. Le niveau actuel, à 66, reste donc sans commune mesure avec ce pic.
La situation rappelle celle de la rentrée précédente, mais avec des chiffres inférieurs. L’an dernier, une vague avait tout de même été observée, « liée à un sous-variant d’Omicron », qui a produit plusieurs milliers de variants différents depuis son émergence.
Omicron et ses milliers de sous-variants
Depuis son émergence, le variant Omicron a produit plusieurs milliers de sous-variants différents. C’est l’un d’eux qui était à l’origine de la vague observée à la rentrée 2025 en France. Le suivi des eaux usées est désormais utilisé comme indicateur précoce de la circulation du virus, avant même que les chiffres hospitaliers ne reflètent la tendance.
Flahault: « Aucune information inquiétante » malgré une vague nord-américaine
L’épidémiologiste Antoine Flahault se veut rassurant sur la situation actuelle. « Nous ne disposons d’aucune information inquiétante, notamment en provenance du continent nord-américain, qui rapporte une vague un peu plus précoce qu’en Europe et assez intense en termes de circulation dans les eaux usées, sans rapporter d’engorgement des hôpitaux ni de surmortalité à ce jour », déclare-t-il.
L’exemple nord-américain est scruté de près, car cette région connaît habituellement des vagues légèrement en avance sur l’Europe. L’absence de saturation hospitalière et de surmortalité outre-Atlantique constitue, selon Flahault, un signal rassurant pour la suite.
Personnes âgées et fragiles: la vaccination antérieure comme bouclier
Antoine Flahault distingue clairement les populations selon leur niveau de risque. « Pour les jeunes adultes en bonne santé, il n’y a pas lieu de trop se préoccuper », indique-t-il. Pour les personnes âgées et fragiles, il estime qu’elles « devraient rester protégées des formes graves par leurs précédentes vaccinations contre le Covid-19 ».
Cette protection conférée par les vaccinations passées constitue, selon lui, un facteur différenciant majeur par rapport aux premières vagues de l’épidémie, où une large part de la population ne disposait d’aucune immunité acquise.
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