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3 octobre 2026
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Il a dû renoncer au football à cause de la taille de son entrejambe : “J’ai eu les croisés du calbar”

Ce sont quelques mots, des regards et une honte silencieuse qui ont peu à peu transformé le vestiaire en épreuve insurmontable. Enfant, Sikou Niakaté ne vivait que pour le ballon rond. Grand, déjà 1,92 m au collège, il possédait une aisance technique rare pour son gabarit, évoluant au milieu de terrain, parfois en numéro 10. Trois heures d’entraînement par jour, une qualité de centre qui le rendait indispensable : tout semblait annoncer une trajectoire prometteuse vers le haut niveau.

Son imaginaire était tourné vers Manchester United, le maillot rouge, Beckham, Evra. Le rêve était clair, presque palpable.

Le vestiaire, lieu de rupture invisible

Ce qui a brisé cet élan ne s’est pas produit sur le terrain, mais dans un vestiaire. Une remarque de sa sœur, puis des moqueries après un match, ont déclenché une angoisse durable. La conviction d’être « anormal » s’est installée brutalement, transformant le moment de se changer en véritable cauchemar.

Accepter un club signifiait s’exposer nu au regard des autres. Une idée devenue impensable. Il renonce alors au football, résumant cette fracture par une phrase devenue emblématique : « Certains disent qu’ils se sont fait les croisés. Moi, j’ai eu les croisés du calbar ».

Un malaise qui dépasse le sport

Avec les années, cette gêne s’étend bien au-delà du football. À l’école, excellent en EPS, il refuse systématiquement la piscine. Il préfère assumer un zéro plutôt que l’exposition de son corps. Plus tard, au basket, il élabore mille stratagèmes pour éviter les douches collectives, arrivant en retard, se changeant à la hâte.

Le sport, pourtant central dans sa vie, devient progressivement un territoire miné.

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