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6 septembre 2026
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La motocrotte de Chirac: l’invention à 4,5 M€ qui ne ramassait que 20 % des crottes

Agent de nettoyage municipal parisien avec engin vert bambou sur trottoir
Image d’illustration © #etrehrx

Lors des municipales de 1977, Jacques Chirac perçoit l’enjeu. En remportant le scrutin, il devient le premier maire de Paris depuis près de 105 ans — et fait immédiatement de la propreté des rues son cheval de bataille.

Il crée une Direction de la Propreté de Paris, impose le fameux vert bambou aux engins de nettoyage et commande un baromètre de la propreté pour mesurer la satisfaction des usagers. L’objectif est autant symbolique que pratique: montrer aux Parisiens que la ville agit.

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Paris sans maire pendant un siècle

Avant 1977, Paris n’avait pas de maire élu depuis près de 105 ans: la capitale était administrée directement par le préfet de police et le préfet de la Seine, une situation héritée de la Commune de 1871. L’élection de Jacques Chirac constitue donc un événement institutionnel majeur, qui lui confère une visibilité politique nationale considérable.

La « chiraclette »: une moto anti-crottes unique au monde, lancée en 1982

En 1982, la mairie de Paris s’associe à l’entreprise J.C Decaux pour mettre en service un engin sans équivalent dans le monde: la motocrotte, rapidement surnommée « chiraclette ».

Motocrotte verte équipée de brosses et sacs de collecte sur trottoir parisien
Image d’illustration © #etrehrx

Jacques Chirac en décrit lui-même le fonctionnement à un journaliste cette année-là: « C’est une moto, équipée sur sa roue arrière d’un système spécial, qui par brossage très rapide et sans eau, permet de nettoyer les déjections canines. Dès que le pilote voit une déjection canine, il arrête sa moto de sorte que les brosses spéciales absorbent les déjections qui reviennent dans des sacs spéciaux et biodégradables. »

Le dispositif, peint en vert bambou comme le reste du parc municipal, est présenté comme une réponse technologique à un problème quotidien. Sur le papier, il a tout pour rassurer des piétons excédés.

4,5 millions d’euros par an pour ramasser seulement 20 % des excréments

En pratique, les résultats sont très loin des ambitions affichées. Au début des années 2000, les motocrottes coûtent à la Ville de Paris près de 4,5 millions d’euros par an — et ne ramassent qu’environ 20 % des excréments présents sur les trottoirs.

Détail d'un engin de nettoyage municipal vert dans un garage de la ville
Image d’illustration © #etrehrx

Ces motos vert bambou, régulièrement moquées, finissent par incarner davantage un gouffre financier qu’une solution efficace. L’image de l’invention, déjà fragile, s’en trouve durablement abîmée.

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