Dans un monde saturé de sollicitations, certaines personnes parviennent à rester stables et calmes — pas indifférentes, mais ancrées. La médecin et chercheuse Dr Laura Gabayan a consacré des années à étudier ces profils, et en a tiré cinq habitudes précises, répétées chaque jour. Des gestes simples en apparence, mais dont l’effet sur la santé mentale est documenté.
En bref
- —Le Dr Gabayan identifie 5 habitudes clés chez les personnes sereines
- —La connaissance de soi et l’humilité au cœur de la démarche
- —Une seule habitude à la fois, testée 7 jours, suffit pour commencer
Ce que les personnes sereines entendent vraiment par paix intérieure
La paix intérieure est souvent confondue avec le bonheur permanent, cette injonction à sourire en toutes circonstances que relayent les réseaux sociaux. Mais pour le Dr Laura Gabayan, il s’agit d’une tout autre réalité : une base stable, faite de résilience, de bienveillance, d’humilité et de curiosité. Pas un état magique, mais un ensemble d’habitudes ancrées dans le quotidien.

Le joueur de padel Juan Lebrón l’a formulé sans détour dans les colonnes de Marie France : « Le bonheur, c’est d’être entouré de gens sains, qui t’apportent du positif. Et être en paix avec toi-même. » Pour lui, l’essentiel tient en trois choses : la santé, la paix de l’esprit et l’entourage — pas le succès ni la performance.
Le neuropsychologue Bernard Anselem complète cette vision : « Impossible de s’ouvrir sereinement aux autres si nous ne sommes pas en paix avec nous-même. L’estime de soi et l’auto-compassion nous apportent une aide salutaire. » Tout commence donc par une lucidité honnête sur soi-même, avant de chercher à agir sur le monde extérieur.
Les 5 habitudes concrètes que ces personnes répètent chaque jour
La première habitude identifiée par le Dr Gabayan est la connaissance de soi. Ces personnes se posent chaque jour une question simple et honnête : « Comment je vais vraiment ? » Quelques lignes dans un carnet ou un moment de silence suffisent à ajuster la journée à leurs besoins réels, plutôt qu’aux attentes extérieures.

La deuxième habitude est l’humilité intellectuelle : savoir dire « je me suis trompé », poser des questions, accepter de changer d’avis. Pour le Dr Gabayan, cette posture allège l’ego et, par extension, le mental. Elle constitue l’une des fondations de ce qu’elle appelle la sagesse.
Troisième réflexe : l’auto-gratitude. Plutôt que de s’accabler intérieurement, ces personnes notent chaque soir trois petites victoires du jour. « Sachez que vous êtes plus grand que n’importe quel obstacle », écrit la chercheuse dans Psychology Today. Ce geste oriente progressivement le regard vers ce qui fonctionne.
La quatrième habitude consiste à remettre le regard des autres à sa juste place. Craindre de décevoir est humain ; se laisser entièrement piloter par cette peur ne l’est pas. Le Dr Gabayan rappelle que les émotions négatives doivent être reconnues, puis gérées comme des « pertes d’énergie », sans être niées ni subies indéfiniment.
Enfin, la cinquième habitude touche au corps et à la lenteur : méditation, yoga, marche sans téléphone. Le professeur Robert Puff, cité par Psychologies, explique que la méditation apaise les pensées qui « qualifient le bien et le mal tout au long de la journée », laissant place au silence intérieur. Ces pratiques de santé mentale ne sont pas un luxe, mais un véritable bouclier contre l’agitation.
Qui est le Dr Laura Gabayan ?
Le Dr Laura Gabayan est médecin et chercheuse qui a consacré plusieurs années à l’étude des personnes considérées comme « sages » ou durablement sereines. Ses travaux ont été publiés notamment dans Psychology Today et ont été relayés par des médias spécialisés en psychologie comme Psychologies et Marie France. Elle a également publié un livre sur le rôle de la positivité dans la résilience humaine.
Comment adopter ces habitudes sans se rajouter une charge mentale
Le piège serait de transformer ces cinq habitudes en une nouvelle liste de tâches à cocher. Les thérapeutes interrogés par Marie France sont unanimes : l’objectif n’est pas la perfection, mais la régularité douce. La méthode recommandée est simple — choisir une seule habitude, la tester pendant sept jours, puis seulement ensuite en intégrer une autre.

Cette approche progressive est cohérente avec ce que rappelait déjà le philosophe Épictète : « Celui qui est content de ce qu’il a, et qui ne pleure pas ce qu’il n’a pas, ne sera jamais pauvre. » La sérénité ne s’acquiert pas d’un coup, elle se construit par petites touches répétées.
Protéger sa paix intérieure passe aussi par des choix concrets dans son environnement : limiter l’exposition aux informations anxiogènes, s’entourer de personnes bienveillantes. Et lorsque la fatigue chronique, la perte d’intérêt ou les idées noires s’installent durablement, consulter un professionnel de santé reste la démarche la plus adaptée.
La positivité comme fil rouge, selon le Dr Gabayan
Dans ses travaux, le Dr Laura Gabayan accorde une place centrale à la positivité — non pas comme optimisme naïf, mais comme choix actif de regard sur la vie. « Elle nous permet de vivre avec résilience et d’avoir de l’espoir. Elle nous incite à croire en un avenir meilleur. La positivité n’est pas une option ; elle est nécessaire pour avancer dans la vie », écrit-elle.

Cette positivité ancrée dans le réel est ce qui distingue les personnes sereines de celles qui cherchent à fuir leurs difficultés. Elle ne nie pas les obstacles, elle les intègre dans une vision plus large, où la résilience joue un rôle moteur. C’est précisément ce que le Dr Gabayan a observé chez les profils qu’elle qualifie de « sages ».
Au fond, ces cinq habitudes forment un système cohérent : se connaître, s’accepter, gérer ses émotions, s’affranchir du jugement extérieur et prendre soin de son corps. Chacune renforce les autres. Et toutes sont accessibles, dès demain matin, sans programme complexe ni investissement particulier.
Les travaux du Dr Laura Gabayan offrent une grille de lecture utile à une époque où l’injonction au bonheur immédiat génère souvent l’effet inverse. La paix intérieure n’est pas réservée à quelques privilégiés : elle se construit, habitude après habitude, dans la durée et sans bruit. Commencer par une seule pratique, la tenir une semaine, puis avancer — c’est peut-être là le seul programme dont on ait vraiment besoin.


