
Face à ce bilan, la HAS préconise de rendre la vaccination annuelle obligatoire pour l’ensemble des professionnels de santé, salariés comme libéraux, ainsi que pour les personnels des établissements hébergeant des personnes âgées — dont les EHPAD — et pour les étudiants des filières médicales et paramédicales.
L’autorité sanitaire pointe un taux de vaccination des soignants jugé très insuffisant: il stagne autour de 21 % en EHPAD et de 20 % dans les autres établissements de santé, un niveau bien trop bas pour freiner significativement la transmission du virus.
L’immunosénescence, argument central pour vacciner les soignants plutôt que les seuls résidents
La couverture vaccinale des résidents en EHPAD est pourtant élevée: elle atteint 82,7 %, dépassant le seuil de 75 % recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais ce niveau de protection reste insuffisant en raison d’un phénomène biologique appelé immunosénescence.

Avec l’âge, le système immunitaire perd en efficacité et réagit moins bien au vaccin. Les personnes âgées demeurent ainsi vulnérables même après vaccination, ce qui rend la protection par les soignants d’autant plus déterminante.
Plusieurs études citées par la HAS montrent que l’immunisation des professionnels contribue directement à réduire les infections respiratoires et la mortalité chez les résidents. Vacciner les soignants revient à créer une barrière contre l’introduction du virus dans des lieux où les contacts sont étroits et répétés.
Une obligation vaccinale déjà existante pour d’autres maladies
En France, les professionnels de santé sont déjà soumis à des obligations vaccinales pour plusieurs maladies, dont l’hépatite B. La vaccination antigrippale reste jusqu’ici une simple recommandation pour ces mêmes professionnels, malgré des campagnes annuelles de sensibilisation. L’extension de l’obligation à la grippe saisonnière constituerait donc une évolution significative du cadre réglementaire.
La ministre Stéphanie Rist annonce un déploiement sur deux ans, sans sanction la première année
« Notre objectif est clair: mieux protéger celles et ceux qui risquent le plus de développer des formes graves de la grippe », a déclaré la ministre de la Santé Stéphanie Rist dans un communiqué du ministère.

Le gouvernement prévoit une mise en œuvre progressive sur deux ans, renouvelable un an. La première année sera exempte de toute sanction, une approche destinée à favoriser l’adhésion plutôt que la contrainte.
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