Ces chiffres traduisent une tension croissante entre les professionnels de santé et une partie du public qui perçoit la pharmacie de garde comme un commerce ouvert à toute heure, plutôt que comme un service médical d’urgence encadré par la loi.
Des soignants épuisés qui réclament davantage de respect
Dans le Tarn, un pharmacien de garde a été frappé après avoir refusé de délivrer un médicament sur la base d’une ordonnance trop ancienne, rapportait 20 Minutes. Un représentant syndical rappelait à cette occasion que les gardes ne sont « pas des grandes surfaces où on fait ses courses quand on veut ».

Derrière ces anecdotes se dessine un malaise plus profond. Les pharmaciens de garde sacrifient leurs nuits et leurs jours fériés pour répondre à de vraies détresses médicales. Être sollicités pour des produits de beauté ou des achats de confort, puis agressés en cas de refus, fragilise une mission essentielle au système de soins.
La FSPF et l’USPO appellent à une meilleure information du public sur le rôle réel des pharmacies de garde, et à un renforcement des mesures de protection pour les professionnels exposés, notamment lors des nuits de jours fériés.
Les témoignages recueillis par les syndicats pharmaceutiques dressent un tableau préoccupant : des professionnels de santé mobilisés la nuit pour des urgences réelles, mais de plus en plus confrontés à des demandes déplacées et à des comportements agressifs. La hausse continue des agressions et le fait que 88 % des titulaires aient subi un délit en deux ans appellent à une prise de conscience collective. Respecter la pharmacie de garde, c’est préserver un maillon indispensable du système de santé publique français.
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